Vers un changement professionel

Ça y est. J’ai fait le grand pas. Je ne suis plus développeur web à temps plein. J’ai pris la décision il y a quelque temps de faire un changement professionel. J’ai donc passé l’été à me concentrer et à chercher à quoi je pourrais passer mes journées si je ne fais plus de web. Je démarre mon entreprise de création de meubles et accessoires customs. Après quelques mois à travailler sur mon Atelier, je peux vous confirmer que je suis plus que satisfait de la tournure des choses. Ce texte vous expliquera les pourquoi et comment que je suis arrivé à cette solution dans ma vie professionelle.

La descente

Ça a commencé l’hiver dernier. Je dormais mal, je pensais à toute sorte de choses désagréables. J’étais rendu à 180lbs et malgré que je le sache, je n’avais pas l’énergie de me remettre en forme. Je passais mes journées complètes devant l’ordinateur au travail et la soirée aussi, à regarder du monde s’obstiner sur dix milles sujets insignifiants sur Facebook. Je ne sais pas si c’était pour ces raisons ou le manque de lumière ou encore la période de léthargie du Canadiens mais reste que, comme mon père le dit souvent, j’avais le « cordon du coeur qui trainait dans marde ».

J’étais tanné de répéter les mêmes choses encore et encore au travail. Le code HTML, le style CSS, le code JS, mise en ligne, SEO, et on recommence ad nauseam. Ce n’est pas tant que j’avais l’impression d’avoir fait le tour de la profession mais la branche dans laquelle je travaillais redemandait constamment de refaire encore et encore la même chose. Un gars s’écoeure. S’ajoutant à cela quelques épreuves de la vie (mortalité dans ma famille, maladie, etc), disons simplement que mon optimisme habituel en a pris un coup. J’ai commencé à faire de l’insomnie. Mais pas de la petite insomnie banale où l’on dort 2h par nuit pendant quelque jours… non. La vraie insomnie. Celle qui nous empêche de dormir carrément pendant une semaine. Celle qui fait en sorte qu’on ne sait plus si on est éveillé ou endormi. Celle qui donne l’impression que le temps s’est arrêté et que les couleurs de la vie t’ont remis leur 4%. Au mois de juin, j’ai consulté un médecin qui m’a mis en congé maladie pour épuisement professionel.

J’en revenais pas encore. Moi ça, en épuisement professionel? J’étais écoeuré, oui. Je voulais revenir à une vie normale mais épuisé… j’sais pas. Mais j’ai quand même suivi les conseils du médecin et j’ai pris du temps pour me concentrer sur moi-même. Est-ce que j’étais vraiment heureux à faire ce que je faisais? Est-ce que je retournerais faire ce que je faisais dans les conditions actuelles? … et la réponse est non. J’en pouvais plus de ne pas bouger, de ne pas être considéré à mon plein potentiel et de ne pas avoir l’impression que j’allais laisser ma trace dans cette vie avec quelque chose dont j’étais fier. Il fallait que ça change. La question était comment ça allait changer.

Le changement professionel

Ok. Disons que je décide d’arrêter de faire du web… vers quoi je me tourne? Est-ce que je retourne à l’école pour apprendre un nouveau métier? Est-ce que je me trouve une jobinne dans un Canadian Tire ou chez Costco en attendant de retrouver le goût de faire du web? Ces questions me paraissaient légitimes mais ce n’est pas ce à quoi j’aspirais. Pas que je méprise ces compagnies ou que l’idée de m’instruire me répugne, loin de là. Mais je désirais être mon propre patron et pas dans 5 ans, maintenant. J’ai donc continué mon introspection. En quoi j’ai du talent? De quoi vivent ceux que je respecte le plus?

Du plus loin que je me rappelle de ma jeunesse, j’avais trois types de jouets favoris. Ma tablette à dessin, mes blocs Légo et… l’atelier de mon père. J’ai toujours aimé y être. J’ai appris très jeune à travailler et traiter le bois dans cette grande pièce du sous-sol qui sentait la sciure et le vernis. Je pouvais passer des heures à regarder mon père travailler sur un morceau de bois et en faire quelque chose de magnifique. En grandissant, j’ai moi-même fait plusieurs réparations sur mes meubles (je n’en ai jamais acheté de neuf) et ça m’a toujours apporté une certaine fierté.

J’ai aussi eu quelques expériences avec le métal, matière très intéressante à couper, soudre et modeler selon mes besoins. À l’adolescence, j’ai commencé un DEP en tant que soudeur-monteur. Ma santé, toutefois, ne m’a pas permis de continuer dans ce métier. Du moins pas à temps plein.

À quelques occasions, j’ai essayé de travailler comme développeur web à mon compte. Ça a été les plus belles années de ma vie mais ça n’était pas assez payant comparativement à travailler pour une boîte de production. J’ai donc toujours retourné travailler pour quelqu’un d’autre, m’assurant ainsi un revenu mais me rendant un peu morose de ne pas avoir réussi à en vivre par moi-même.

Je crois que je ne me trompais pas de beaucoup en pensant que je tenais une piste de métier avec ces quelques retours dans le passé. En gros, j’ai trouvé ma solution de cette façon. J’allais me partir à mon compte en fabricant des meubles et des accessoires en bois et en métal. Ces matériaux seront récupérés la plupart du temps et une possibilité de restaurer des objets défraîchis pour certains clients est même possible. Ça commence à devenir concret.

Le lancement d’entreprise

L’Atelier Bérard est officiellement née le 9 septembre 2015. La compagnie a été enregistrée aux taxes provinciales à cette date. Vient ensuite toute la paperasse qui en découle et, sans aucune surprise, le reste de la paperasse. Ce n’est pas du démarrage d’entreprise fait en broche à foin. Cette fois-ci, je veux vraiment y aller pour vrai et à fond. Je me renseigne sur les différentes subventions et prêts bancaires possibles afin de démarrer avec le plus d’avance possible. Les prêts ne sont pas intéressants mais une subvention du SAJE m’assurant un montant revenant à un an de salaire minimum, soit environ 21 000 dollars, en plus d’une formation gratuite en lancement d’entreprise était plus qu’intéressant. J’y ai donc consacré beaucoup de temps à monter une présentation, un plan d’affaire et toute la paperasse qui servira à ma compagnie. Il ne me reste plus qu’à faire ma présentation devant des juges de la compagnie afin d’être accepté. Cette présentation aura lieu le lundi le 30 novembre et j’aurai le verdict le mardi ou mercredi suivant. Vous pouvez comprendre à quel point je suis fébrile en ce moment! J’ai de bonnes chances d’avoir cette subvention et, la cerise sur le sundae, j’ai une super bonne réception avec des clients potentiels. Tout va super bien!

Finalement, pour en revenir au Web, je ne vais pas tout laisser tomber. Je garde quand même une porte ouverte à certains projets, que je ferai de la maison. J’adore en connaître toujours plus sur mes passions et si j’ai fait ce métier pendant plus de 10 ans, il y a une raison : j’aime ça. Mais plus au point d’y consacrer 40 heures et plus par semaine. De toute façon, le site pour mon Atelier, je vais toujours ben pas faire faire ça par quelqu’un d’autre! 😉

Pour ceux que ça intéresse, je vais laisser un lien vers le site du SAJE : http://www.sajeenaffaires.org/

Et comment pourais-je ne pas plugger ma propre shop? http://atelierberard.com

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